Entré à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Colmar en 1960 et après une courte carrière dans l’Enseignement primaire, Michel Burgard est admis à poursuivre sa formation pour devenir Professeur de Collège. En 1964, il réussit le concours d’entrée à l’IPES et en 1967, il est reçu au CAPET et passe un Diplôme d’Etudes Supérieures (DES). Cette année de DES éveille en lui « le goût de la recherche » et l’obtention d’un poste de Maître-Assistant à l’Université Louis Pasteur en 1974 lui donne la possibilité de rentrer dans l’Enseignement Supérieur. Cette formation de base a été déterminante pour lui et l’a conduit à toujours s’impliquer dans les trois aspects essentiels de la vie d’un enseignant-chercheur.
En 1966, il entre au Laboratoire de Chimie Minérale et Structurale et soutient sa thèse en 1974 faisant de lui un chimiste « minéraliste » des aspects fondamentaux de la structure électronique des complexes métalliques par l’utilisation de techniques spectroscopiques. Cette même année et les suivantes, au sein du Laboratoire de Chimie Minérale et Analytiques (UMR 7512), il conjugue complexation, extraction liquide-liquide et transport membranaire des ions métalliques avec des molécules extractantes nouvelles à l’époque et aux propriétés de sélectivité remarquable. Dans ce cadre, il a croisé la route de nombreux collaborateurs à Strasbourg, en France et à l’étranger qui se reconnaîtront dans ces lignes.
Débutant son parcours d’enseignant-chercheur à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg I, il est affecté en 1980 à l’Ecole Nationale de Chimie de Strasbourg (ENSCS) puis en tant que Professeur en 1986 à l’Ecole Européenne des Hautes Etudes des Industries Chimiques de Strasbourg (EHICS) aujourd’hui Ecole de Chimie, Polymères et Matériaux de Strasbourg (ECPM). En octobre 1996, il obtient une distinction honorifique et est nommé Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques.
A partir de 1997 et suivant l’évolution du Génie des Procédés, il développe avec sa petite équipe au sein de l’UMR 7512 puis de l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (UMR 7178) (équipe RIPS puis RePSeM), une approche système intégré sur les contacteurs et les réacteurs membranaires appliqués à l’extraction liquide-liquide et à la production et séparation de gaz.
Sa forte implication dans l’enseignement lui a permis de d’effectuer une conversion thématique de la chimie-physique minérale au génie des procédés avec l’organisation, la structuration d’un enseignement en Génie Chimique à l’Ecole avec la création d’un service de TP GC qui a fleuri, l’orientation des « microprojets » vers le Génie des Procédés et le développement de cours grâce à ses collaborations avec des Collègues de l’ENSMU, de l’ENSIC et de l’Université de Porto.
Ses prises de responsabilités collectives visant la mise en place de reformes ont été fondamentales. Les 9 années de Direction des études qu’il a assumées d’abord de l’EHICS puis de l’ECPM ont été marquées par la refonte de tous les aspects pédagogiques liés à la fondation de l’ECPM à partir de 1994 émanant de trois formations antérieures ; le Magistère Matériaux, l’Ecole d’Application des Hauts Polymères (EAHP) et l’EHICS. Comme Michel l’a écrit en février 2006 dans son dossier de carrière « Ces bouleversements, auxquels il faut ajouter le déménagement de l’ECPM sur son nouveau site de Cronenbourg m’ont obligé à assumer des « régimes transitoires » dont tout le monde comprendra qu’ils sont stimulants mais pas de tout repos ».
En 2000, Michel Burgard crée puis a été responsable du DEA « Chimie analytique et chimie des matériaux » jusqu’en 2005. Entre 2003-2005, il fut porteur du projet de Master recherche de « Sciences Analytiques » de l’Université Louis Pasteur à la Faculté de Chimie puis à partir de 2005, responsable des deux années de ce même Master pour passer le flambeau en 2007. Ces responsabilités qui lui ont permis de diplômer de nombreux étudiants pour certains aujourd’hui enseignants-chercheurs et chercheurs à l’Université de Strasbourg.
Président de la Commission de spécialistes 33-62 entre 2002 jusqu’à son départ en retraite en 2009 et membre nommé au CNU en 62e section en novembre 2003, son idée directrice était, dans le contexte strasbourgeois, de développer un potentiel d’activité en Génie Chimique et Génie des Procédés en enseignement et en recherche s’appuyant sur la catalyse, la science de la séparation et sur le développement et la conception de micro et nanostructures. Nombreux d’entre nous en sommes ses héritiers.
Michel Burgard a toute sa carrière élaboré les fondations solides sur lesquelles nous construisons encore à l’heure actuelle dans nos structures d’enseignement et de recherche à l’ECPM, à la Faculté de Chimie et à l’IPHC. Celles et ceux qui ont eu le plaisir de travailler à ses côtés ou d’interagir avec lui garderont le souvenir d’un homme engagé, visionnaire et avec un soin particulier pour le passage de relai et l’accompagnement bienveillant de ses Collègues.
La direction de l’ECPM et la direction de l’IPHC adressent leurs plus sincères condoléances à sa famille.
